31/07/2026
BOUSSU : 37 ANIMAUX ENFIN LIBÉRÉS DE LEURS SOUFFRANCES
Le jeudi 30 juillet, l'Unité du Bien-être animal de la Région wallonne est intervenue sur un terrain situé à Boussu afin de procéder à la saisie d'animaux de basse-cour victimes d'un grave cas de négligence.
Face au nombre d'animaux à prendre en charge, plusieurs refuges ont été sollicités : Le Rêve d'Aby, Au Bonheur Animal, Equi'Chance, Animal sans Toit et Animaux en Péril. Grâce à cette mobilisation, 37 animaux ont pu être secourus : 10 poules, 25 oies et 2 lapins.
Le constat sur place était particulièrement éprouvant.
👉 Un terrain laissé à l’abandon
Les animaux vivaient dans un environnement insalubre, jonché de détritus et d'objets dangereux. Le propriétaire ne se rendait plus sur les lieux depuis un certain temps, laissant les animaux livrés à eux-mêmes, sans soins ni surveillance.
Les deux lapins étaient confinés dans de minuscules cages grillagées, installées au milieu des déjections des poules. L'état des cages laisse fortement penser qu'ils y ont été placés alors qu'ils n'étaient encore que de jeunes lapereaux et qu'ils n'en sont jamais sortis. Leur croissance a été telle qu'il était devenu extrêmement difficile de les extraire par l'ouverture de leur cage. Dans ces mêmes cages, deux autres lapins avaient déjà trouvé la mort.
Les oies, quant à elles, ne disposaient d'aucun point d'eau. Extrêmement sales, elles présentaient des signes évidents de déshydratation sévère et de sous-alimentation.
👉 Une soif qui en disait long
À leur arrivée dans les différents refuges, en soirée, le même constat s'est immédiatement imposé : les animaux sont assoiffés !
Tous, sans exception, se sont précipités sur les bassines. Lapins, poules et oies ont bu longuement, avec une avidité qui témoignait de leur état de déshydratation. Une scène qui résumait à elle seule des semaines, voire des mois de privations. Les oies ont également englouti les grains mis à leur disposition, confirmant un état de faim avancé.
👉 Des corps marqués par la souffrance
Les premiers examens révèlent un état sanitaire particulièrement préoccupant. Le score corporel des oies est très faible : elles présentent un état d'amaigrissement important. Les deux lapines montrent des signes clairs de négligence prolongée : la première souffre de cachexie avancée et de pododermatite (plaies infectées aux pattes), tandis que la seconde présente elle aussi une pododermatite, accompagnée d'une gale auriculaire sévère et de griffes excessivement longues, faute de soins depuis plusieurs mois.
Les poules, quant à elles, sont infestées de poux. Si elles ne sont pas traitées, cette infestation peut leur être fatale : les poux se nourrissent du sang de leurs hôtes, provoquant une anémie.
👉 Une nouvelle vie commence
Aujourd'hui, les animaux qui ont survécu reprennent progressivement des forces dans les différents refuges qui les accueillent. Ils bénéficient enfin d'eau fraîche, d'une alimentation adaptée, de soins vétérinaires et d'un environnement digne.
Les refuges Animaux en Péril, Au Bonheur Animal, Equi'Chance, Le Rêve d'Aby et Animal sans Toit remercient chaleureusement l'Unité du Bien-être animal de la Région wallonne pour son intervention et pour la confiance témoignée en leur confiant la prise en charge de ces animaux.
Grâce à cette mobilisation collective, des dizaines d'animaux ont pu être sauvés d'une situation dramatique et bénéficient désormais d'une prise en charge adaptée, leur offrant une chance de retrouver une vie respectueuse de leurs besoins et de leur bien-être.
👉 Condamnation et destination finale
Concernant la destination définitive des animaux, la décision appartient désormais au ministre du Bien-être animal, Adrien Dolimont. Celui-ci dispose d'un délai de deux mois pour confirmer leur abandon définitif au profit des associations qui les ont pris en charge, au regard de l'extrême gravité des faits.
L'Unité du Bien-être animal a dressé un procès-verbal pour infraction au Code wallon du Bien-être animal. Le propriétaire s'expose à des poursuites pénales ou administratives. Si le Parquet décide de poursuivre le dossier, il pourra le renvoyer devant le tribunal correctionnel, où il encourt une peine de huit jours à trois ans d'emprisonnement et/ou une amende pouvant atteindre un million d'euros. À défaut de poursuites pénales, le dossier sera transmis au fonctionnaire sanctionnateur, qui pourra infliger une amende administrative pouvant aller jusqu'à 100 000 euros, mais aussi prononcer un retrait du permis de détention d'animaux.