29/05/2026
LIBERCHIES : LA PROPRIÉTAIRE CONTESTE LA SAISIE
Aujourd'hui, nous avons appris que la propriétaire de l'écurie de Liberchies a introduit un recours devant le Conseil d'État afin de contester la décision de saisie prise par le bourgmestre de Pont-à-Celles.
Cette décision avait été adoptée après plusieurs signalements, plusieurs contrôles et plusieurs interventions des autorités concernant les conditions de détention des chevaux présents sur le site.
Pour beaucoup, une procédure devant le Conseil d'État peut sembler difficile à comprendre. Contrairement à ce que certains imaginent, il ne s'agit pas d'un nouveau procès pénal. Le Conseil d'État est chargé de vérifier si une autorité administrative a correctement appliqué la loi lorsqu'elle a pris une décision. Dans ce dossier, il devra examiner si la décision de saisie prise par le bourgmestre était légale et suffisamment motivée.
Derrière cette procédure se trouvent pourtant des animaux bien réels.
C'est de cette écurie que proviennent Mara, Odyssée, Astéria et Azélie. C'est également là qu'avait été prise en charge Aurore.
Nous nous souvenons encore parfaitement de leur état au moment de leur arrivée. Mara luttait pour sa survie. Odyssée a dû être hospitalisée en urgence. Astéria et Azélie présentaient un état de cachexie avancé alors qu'elles étaient gestantes. Toutes souffraient des conséquences d'une dénutrition prolongée, d'un manque de soins évident et d'un état sanitaire extrêmement préoccupant.
Depuis lors, nous avons consacré des mois à leur réhabilitation. Nous avons assumé les hospitalisations, les examens, les soins vétérinaires, les traitements, l'alimentation adaptée et toutes les attentions nécessaires pour leur permettre de retrouver progressivement un état de santé acceptable.
Ce dossier est particulièrement difficile à entendre car il ne s'agit malheureusement pas d'un événement isolé. Ce n'était pas le premier signalement concernant cette écurie. Ce n'était pas la première intervention des autorités. Au fil des années, de nombreux chevaux y ont laissé la vie.
Nous n'avons pas non plus oublié les circonstances dans lesquelles certaines saisies se sont déroulées. Lors d'une intervention, alors que les animaux étaient en cours d'évacuation vers des refuges, un véhicule a foncé dans le camion du refuge Animaux en Péril, mettant en danger les personnes et les animaux présents sur place. Cet événement a profondément marqué les équipes qui intervenaient ce jour-là.
Ce qui nous interpelle aujourd'hui, c'est qu'au travers de ce recours, tout semble être présenté comme si la véritable victime de cette histoire était la personne à qui les animaux ont été retirés.
Pour notre part, lorsque nous regardons Mara, Odyssée, Astéria, Azélie ou encore Aurore, nous voyons surtout des animaux qui ont souffert et pour lesquels des dizaines de personnes se sont mobilisées afin de leur offrir une seconde chance.
Nous avons passé trop de temps à les soigner, à nous inquiéter pour elles, à espérer leur rétablissement et à financer leur prise en charge pour envisager sereinement qu'elles puissent un jour retourner dans l'environnement dont elles ont été extraites.
Nous serons donc présents dans cette procédure afin de défendre les intérêts des animaux que nous avons accueillis.
Parce que derrière les dossiers, les recours et les débats juridiques, il y a des êtres vivants qui dépendent entièrement des décisions qui seront prises.
Et parce qu'après toutes ces années, nous sommes fatigués de devoir continuellement nous battre pour quelque chose qui devrait pourtant être une évidence : le respect des animaux.