06/02/2026
Merci les crins de verdure pour ces paroles pleines de bons sens
LA RÉCOMPENSE
La récompense, chez le cheval, ce n’est pas une monnaie d’échange.
Sinon on finirait tous ruinés … ou rançonnés à la carotte (Parceque ruinés nous le sommes déjà , finalement 🤔 )
Je parle de la récompense qu’on sort de la poche.
Un truc généralement collant qui transforme certains chevaux en pickpockets à quatre sabots ... Voir en patron du grand banditisme.
Mais Il faut pourtant rappeller que pour le cheval, la vraie récompense n’est pas forcément comestible.
La première récompense en réalité, c’est céder à la pression : la main qui cède ou la jambe qui se tait. Le corps qui dit oui ☺️
Et ça, sans calories, sans emballage, sans négociation et c'est gratuit.
Et la gratuité, dans le monde du cheval , mérite toujours d'être valorisé 🤣
Encore faut-il que ce relâchement soit clair, immédiat et cohérent sinon on passe très vite de la récompense à un truc approximatif car avec les chevaux le timing à plus d'importance que la nature de la récompense.
La cession de la pression et la remise de la récompense doit être réalisé dans les 2 secondes qui suivent la bonne action. Cela doit être franc , rapide et systématique ...ça oblige à avoir la récompense a porter de main.
Sinon vous risquez de ne pas être compris. C'est la même chose pour la réponse à la jambe ou à une autre sollicitation d'ailleurs hein 😏 2 secondes maximum ( he ba ouais ...ça marche dans les deux sens ).
Après il y a récompense et récompense.
Personnellement j'ai des légers doutes sur l'efficacité de la simple gratouille au garrot à peine perceptible à l'oeil nu , fait par une main qui n'a même pas lâché le contact ... A moins que cela soit l'aboutissement d'un long et lent processus qui a progressivement amené le cheval à se contenter d'un rien et à comprendre la signification du geste.
Un peu comme le clicker ( qui peut être une bonne option quand on maitrise la technique d'apprentissage ).
Quant à la grosse claque sur l'encolure... Même en appliquant les principes éducatifs du clicker training , je ne suis pas convaincue que ce soit la meilleure des habitudes à avoir.. à moins d'avoir un cheval qui a des tendance sado Maso.
Bref. Nous disions donc : quand le processus manque de logique et de clarté , que la récompense est floue et irréguliere , le cheval improvise. Souvent à sa façon.
De la même façon que donné à tout bout de champ , " sans accord contractuel préalablement défini impliquant la réalisation d'un exercice justifiant la prise de récompense" ( dixit mon avocat ) c'est là encore un bon moyen pour que ça perde son sens.
La friandise, elle, a ses avantages.
Elle motive.
Elle donne envie d’essayer au moins ( ou de faire semblant , pour les adeptes du moindre effort ).
Elle peut débloquer une situation aussi ,
Mais elle a une règle d’or : elle ne se réclame pas.
Un cheval qui fouille les poches, pousse l’humain ou tape du pied n’est pas « très gourmand ».
Il est déjà en train de rédiger les petites lignes écrites un format 0,5 en bas de page de votre contrat. Celle où c'est écrit que tu vas te faire enfiler 🤔 ( team premier degrés : non évidemment...un cheval ne sait pas écrire et ne premedite pas ses mauvaises actions 🥴).
Et je vous vois venir les grands sensibles, Interdire de réclamer, ce n’est pas être sévère.
C’est éviter de vivre avec un cheval qui pense que toute interaction commence par un apéro ( non non , cherchez pas , on a dit non !)
La récompense arrive APRÈS la bonne réponse.
Pas avant.
Pas pendant.
Et certainement pas sous menace de fouille corporelle ... Même si la menace est faite avec une arme tel qu'un museau tout doux et tout mignon et que l'auteur de l'agression s'appelle Bonbon.
Il y a aussi cette grande notion souvent oubliée : la frustration.
Oui, le cheval peut supporter de ne pas être récompensé toutes les trois secondes.
Oui, il peut réfléchir sans garantie immédiate de paiement.
Et non, ça ne le traumatise pas.
Au contraire : ça le rend plus stable, plus posé, plus capable d’attendre et de comprendre... Même si ça prend un peu ( beaucoup ) de temps pour certain qui auraient bien besoin d'un psychanalyse pour apprendre a gérer leur frustration et leur relation à la nourriture.
Et dans certains cas très avancés , voir de troubles psychotiques comparables à ceux dont souffrent nos deux frères welsh cob noirs de 5 et 6 ans nés dans le 49 , que je ne nommerai pas ... 😇 l'arrêt de la récompense comestible peut être nécessaire !
Et puis ensuite il existe la gratouille. Et ça c'est l’outil sous-estimé par excellence. C'est pas spectaculaire ( quoique , faut voir dans quel état certains peuvent se mettre pour quelques gratouilles bien placées ). Ça peut être diablement efficace et largement suffir à confirmer une réponse positive quand le cadre est clair et constant.
Mais pour certains , elle motive moins qu’une friandise , elle est fiable, durable… mais pas forcément euphorisante.
Mais au final, la vraie question n’est pas quoi donner.
Mais quand, comment, et avec quelle cohérence.
Un cheval n’apprend pas parce qu’on le paie.
Il apprend parce que répondre juste rend la vie plus simple.
La récompense n’est alors plus un pot-de-vin.
C’est juste une information bien placée.
Les crins de verdure