27/05/2026
JE NE M’ÉTAIS PAS BLESSÉ AU MUSEAU.
J’AVAIS TOUCHÉ LA MORT D’UN SANGLIER.**
Au début, vous pourriez croire à une simple gêne.
Un chien de chasse.
Un chien de forêt.
Un compagnon qui revient d’une balade avec une odeur forte sur le museau.
Il se gratte.
Il se frotte la tête.
Il salive.
Il semble agité, puis abattu.
Son regard change vite.
Et l’on cherche une explication rassurante.
Une épine.
Une piqûre.
Une irritation.
Une blessure au museau.
Mais parfois, le danger ne ressemble pas à une plaie.
Il ressemble à une rencontre invisible avec un sanglier.
La maladie d’Aujeszky, aussi appelée pseudo-rage, touche surtout les suidés : porcs et sangliers. L’Homme n’est pas concerné. Mais chez le chien, après contact avec des tissus contaminés, des abats crus, une carcasse, du sang ou certaines situations de chasse, l’évolution peut être foudroyante.
Et c’est cela qui rend cette maladie si terrible.
Le chien ne comprend pas.
Il a seulement suivi une odeur.
Léché.
Mordu.
Touché ce qu’il ne fallait pas.
Approché une carcasse ou un sanglier infecté.
Puis son propre système nerveux devient une prison.
Les démangeaisons peuvent devenir insupportables, surtout autour de la tête.
La salivation augmente.
La déglutition devient difficile.
Le comportement change.
Le corps se dérègle très vite.
Ce n’est pas une simple balade qui tourne mal.
C’est parfois une course contre un virus que l’on ne voit pas.
Alors en forêt, près des zones à sangliers, ne laissez pas les chiens fouiller les carcasses, lécher du sang, manger des abats crus ou mordre des restes de chasse. Gardez-les sous contrôle. Éloignez-les immédiatement d’un sanglier mort ou blessé. Et en cas de contact suspect, appelez rapidement un vétérinaire.
Parce que je ne m’étais pas blessé au museau.
J’avais seulement suivi mon instinct de chien — jusqu’à une trace sauvage que mon corps ne pouvait pas survivre.