23/09/2025
C’est quoi la rhinopneumonie ?
Quels sont les agents pathogènes responsables ?
Quels sont les signes cliniques ?
Quel est son mode de transmission ?
Quel traitement pour un cheval atteint ?
Les mesures à prendre en cas d’atteinte ?
Et Quels sont les moyens de prévention ?
La rhinopneumonie est une maladie qui touche le plus généralement les équidés. Le nom est couramment donné à une des formes cliniques de l’infection par un herpès virus de type 1 et/ou 4 donc elle est causée par deux virus, EHV-1 (équine herpes virus-1) et EHV-4 (équine herpes virus-4).
Les herpès viroses de type 1 et 4 se manifestent sous trois formes cliniques : respiratoire, nerveuse et abortive. Il est important de bien les connaître, d'une part pour organiser une prévention efficace, et d'autre part pour limiter la diffusion depuis les foyers.
Les herpès virus même après infection, persistent dans l’organisme des équidés dans un état inactif (dormant ou latent) et ils peuvent se réactiver à la faveur d’une baisse d’immunité ou d’un stress, et provoquer à nouveau la maladie.
* Les symptômes :
Pour la forme respiratoire l'agent responsable est principalement EVH-4 mais aussi en moins EVH-1.les symptômes ressemble à une grippe et sont en générales Hyperthermie, abattement, perte d’appétit, toux sèche, écoulement nasal séreux.
Pour la forme abortive l'agent responsable est généralement EHV-1 mais aussi en moins EHV-4 c'est la première cause d’avortement infectieux chez la jument gestante. Les symptômes sont avortement sans signe prémonitoire généralement 6 a 4 moins avant le poulinage et poulain non viable à la naissance.
Pour la forme nerveuse, l'agent responsable est seulement EHV-1. Les symptômes sont incontinence urinaire, ataxie et paralysie.
* Mode de contamination:
Les herpès viroses sont parmi les maladies les plus contagieuses chez les équidés. Les chevaux s’infectent de manière directe par inhalation d’aérosols contenant du virus, lors d’un contact avec un individu excréteur de virus (animal présentant ou non des symptômes). Les principales sources de contamination sont :
- Les sécrétions respiratoires (jetage, toux)
- Les tissus d’un avorton contaminé
- Les sécrétions utérines d’une jument ayant avorté
Une contamination est également possible de manière indirecte, par l’intermédiaire des personnes (mains, vêtements…) ou de matériel souillé. En effet, les herpès virus peuvent résister jusqu'à 28 jours dans l’environnement.
* Traitement:
Il n’existe aujourd’hui pas de traitement spécifique contre les herpès viroses, qui sont des maladies virales.
Un traitement symptomatique est préconisé pour atténuer les signes cliniques, en particulier lutter contre l’hyperthermie.
Concernant la forme respiratoire, les chevaux doivent être mis au repos, au minimum 3 semaines après la fin des signes cliniques, afin de favoriser la cicatrisation de l’appareil respiratoire endommagé.
Concernant la forme nerveuse, des traitements supplémentaires de soutien peuvent être mis en place en fonction des signes cliniques observés.
Pour la forme abortive, l’avortement n’est en général suivi d’aucune complication, ni séquelle. Aucun traitement n’est donc nécessaire.
* Mesures a prendre:
- Isoler les chevaux malades ainsi que les chevaux suspects qui présentent une hyperthermie.
- Arrêter les mouvements de chevaux dans et hors de la structure.
- Suivre la température des animaux a priori sains pendant 1 semaine (période d’incubation) pour détecter précocement les chevaux infectés.
- Mettre en place un circuit de soin (marche en avant) des équidés sains vers les équidés douteux, pour finir par les équidés malades, ou définir une ou des personne(s) s’occupant exclusivement des équidés malades.
- Utiliser du matériel spécifique (gants, (sur-)bottes, blouses etc. pour le soigneur / licol, matériel de pansage etc. pour le cheval) pour chaque lot d’équidés (sains, douteux, malades).
- Désinfecter le matériel ou utiliser du matériel à usage unique.
- Mettre en place des pédiluves devant les zones infectées.
- Utiliser les désinfectants virucides usuels car ils sont actifs contre le virus.
- Limiter le contact des chevaux infectés uniquement au personnel responsable des soins.
- Désinfecter les véhicules de transport (vans, camions…).
- Lors d’avortement :
* Au box ⇒ nettoyer et désinfecter le box immédiatement.
* Au pré ⇒ réaliser un vide sanitaire pendant 2 semaines au minimum.
- Évacuer les fumiers des boxes des chevaux malades en fumière.
Après la sortie du cheval malade, vider entièrement les boxes puis les nettoyer à haute pression avant de désinfecter les locaux et effectuer un vide sanitaire avant toute réintroduction d’un autre cheval.
Ces mesures de prévention doivent être appliquées pendant 21 jours après les derniers signes cliniques observés.
* Mesure de prévention:
La vaccination : la base de la prévention.
La vaccination est un des piliers de la prévention contre les herpès viroses à l’échelle individuelle et collective.
De manière générale, la vaccination doit être raisonnée en termes de « prophylaxie collective » et pas uniquement de « prophylaxie individuelle ».
Les vaccins actuels n’empêchent pas de façon certaine les infections, mais permettent de diminuer la sévérité et la durée des signes cliniques, notamment pour la forme respiratoire et dans une moindre mesure pour la forme abortive. Leur efficacité contre la forme nerveuse n'a pas été démontrée.
La vaccination permet aussi de diminuer l’excrétion du virus par le cheval malade, donc de limiter sa contagiosité et, de fait, la transmission à d’autres équidés.
* Protocole vaccinal recommandé:
Il est important de commencer à vacciner les poulains dès l’âge de 6 mois, afin de limiter le risque de portage latent du virus :
Primovaccination par 2 injections à 1 mois d’intervalle et premier rappel à 6 mois
Rappels conseillés tous les 6 mois, sans dépasser un an.
Chez la jument gestante, il est recommandé de faire une injection de rappel dans les 4 à 6 semaines précédant le poulinage, afin non seulement de protéger la jument, mais aussi d’augmenter la concentration en anticorps dans le colostrum et ainsi protéger le poulain au cours de ses premiers mois de vie.
Les autres mesures de prévention sont les suivantes :
- Une gestion des équidés par lots quand elle est possible : séparer les juments gestantes et les jeunes chevaux, plus sensibles, des chevaux à risque important de contamination (chevaux de compétition ou chevaux qui se déplacent ).
- La mise en place d’un circuit de soins ou marche en avant en commençant les soins par les équidés les plus sensibles aux maladies (juments gestantes, jeunes chevaux) et en terminant par les équidés les plus à risque.
- Une mise en quarantaine pour tout nouvel arrivant ou au moins une surveillance rapprochée (prise de température quotidienne).
- Recherche systématique du virus par une analyse lors d’une suspicion clinique.
©️ Amrou Mziou
®️ Equipédia IFCE et Wikipédia.