Le Club des Poilus

Le Club des Poilus Bientôt en formation d’éducatrice canine, puis de comportementaliste chiens, chats et chevaux je fais aussi de la garde canine

23/01/2026

Bonjour,
je vous invite à me suivre sur cette nouvelle page.
Neuve et propre pour un nouveau départ professionnel.
Je supprimerai celle-ci d'ici quelques temps.
A bientôt !

Éducation canine, bilan de pré-adoption
Certifiée éducatrice canin au CEEPHAO
Certifiée de l'ACACED

15/01/2026

AGRESSION DIFFÉRÉE CHEZ LE CHIEN
Comprendre une réponse de survie encore mal connue

>>> Quand le comportement dérange nos certitudes

Il arrive qu’un chien adopte une conduite qui déroute profondément les humains et conduit trop vite à un diagnostic erroné de « chien déséquilibré » ou « imprévisible ».
La séquence est souvent la même :
- le chien se laisse approcher par un humain ;
- il accepte le contact, parfois même d’être porté ;
- il laisse la personne repartir sans incident ;
- quelques minutes plus t**d, lorsque cette même personne repasse à proximité — parfois en l’ignorant — le chien l’agresse violemment.

Durant toute la première interaction, le chien n’a pas détourné le regard, sans pour autant exprimer de signaux émotionnels clairs ou lisibles : pas de posture basse ou haute, pas de grognement, pas d’évitement manifeste. L’observateur attentif reste pourtant avec une impression diffuse : « quelque chose n’allait pas ». Cette conduite, loin d’être incohérente ou pathologique, s’inscrit en réalité dans un cadre neurobiologique et traumatique parfaitement documenté.

>>> Le mythe du consentement canin

Dans notre culture humaine, l’absence de réaction est souvent interprétée comme une forme d’accord. Cette projection est une erreur majeure même lorsqu’elle est appliquée au chien. Un chien qui se laisse toucher n’est pas nécessairement un chien consentant. Il peut s’agir d’un chien inhibé, dissocié, figé ou engagé dans une stratégie de survie. Chez certains individus — notamment ceux ayant vécu des expériences précoces de maltraitance, de contrainte ou d’hyper-contrôle — l’expression de limites a été associée à un danger accru. Le système nerveux apprend alors que ne rien faire est plus sûr que s’opposer. Ce que l’humain interprète comme du calme ou de la tolérance peut en réalité être une absence d’alternative perçue.

>>> Les réponses de survie : un cadre scientifique

Les réponses de survie sont régulées par le système nerveux autonome et les structures limbiques (amygdale, hypothalamus, tronc cérébral). Elles ne relèvent pas d’un choix conscient, mais d’un automatisme biologique.
Walter Bradford Cannon (1915) a décrit les premières réponses de stress aigu :
- Fight : combattre la menace ;
- Flight : fuir la menace.
Ces modèles ont ensuite été enrichis :
- Freeze : immobilisation tonique, inhibition motrice et comportementale ;
- Fawn (terme popularisé par Pete Walker, 2003) : stratégie d’apaisement de la menace par la soumission relationnelle.
Chez le chien, ces réponses sont modulées par l’histoire individuelle, la génétique, la période sensible de socialisation et les expériences traumatiques répétées.

>>> FAWN / FEIGN : pactiser pour survivre

La réponse dite FAWN décrit un comportement par lequel la victime renonce temporairement à ses limites afin de réduire le risque immédiat. Elle devient docile, coopérante, voire engageante, dans l’espoir inconscient que l’agresseur cesse son action.
Chez le chien, cela peut se traduire par :
- une tolérance apparente au toucher ;
- une immobilité active ;
- une absence de signaux d’opposition.e ;
- une absence de signaux d’opposition.
Cependant, cette stratégie n’implique ni apaisement émotionnel ni résolution du stress. L’activation physiologique reste élevée : cortisol, adrénaline et noradrénaline circulent, maintenant l’organisme en état d’alerte.

Je propose ici de privilégier le terme FEIGN (feindre), qui rend compte d’une activité adaptative plutôt que d’une passivité. Le chien feint la coopération parce que son système nerveux a évalué que c’était, à cet instant précis, la meilleure option de survie.

>>> Pourquoi l’agression est-elle différée ?

L’agression qui survient après coup n’est ni une vengeance ni une perte de contrôle soudaine. Elle correspond à une réorganisation défensive t**dive.
Plusieurs mécanismes entrent en jeu :
- La sortie de l’immobilité : une fois la pression directe levée (la personne s’éloigne), le système nerveux peut quitter l’état de figement.
- La récupération de ressources : quelques minutes suffisent parfois pour que l’énergie défensive réapparaisse.
- La persistance de la menace : lorsque la personne repasse à proximité, même sans interaction, elle réactive la mémoire émotionnelle de l’agression initiale.
Le cerveau émotionnel ne fait pas la différence entre une menace passée non résolue et une menace présente. L’agression devient alors une auto-défense différée, souvent brutale car longtemps inhibée.

>>> Parallèles avec le trauma humain

Cette dynamique est bien connue en psychotraumatologie humaine. Certaines victimes d’agressions — notamment sexuelles ou conjugales — rapportent une absence de réaction pendant l’événement, suivie d’un effondrement ou d’une réaction violente ultérieure. Ce phénomène n’est pas un échec moral, mais une réponse neurobiologique. Le chien, comme l’humain, ne « choisit » pas sa réaction de crise. Son cerveau limbique décide avant toute cognition consciente. La violence différée n’est donc pas un signe de dangerosité intrinsèque, mais de détresse chronique.

>>> Implications éthologiques et pratiques

Comprendre cette réponse impose de revoir nos pratiques :
- cesser d’interpréter la tolérance comme un accord ;
- respecter le non-engagement comme un signal en soi ;
- éviter toute interaction tactile non initiée par le chien ;
- considérer l’histoire émotionnelle avant d’évaluer le risque.
Chez certains chiens — notamment issus de contextes de privation, de rues ou d’élevages coercitifs — le toucher humain peut être vécu comme une intrusion traumatique, même lorsqu’il est doux et bien intentionné.

>>> Changeons de regard

Lorsqu’un comportement agressif nous semble incompréhensible, la question n’est pas : « Qu’est-ce qui ne va pas chez ce chien ? » mais plutôt : « À quoi ce comportement a-t-il servi pour survivre ? »
Un chien n’est pas fou parce qu’il agresse. Il parle avec les moyens que son système nerveux lui laisse. Comprendre, c’est rendre possible une prévention, une prise en charge adaptée et, parfois, une réparation.

Souvenons-nous qu’un comportement n’est jamais absurde. Il est toujours la meilleure solution disponible à un instant donné pour un organisme donné.

SOURCES
- Cannon, Walter (1932). Wisdom of the body. New York: W.W. Norton & Company.
- Malchiodi, C. A. (2020). Trauma and expressive arts therapy: Brain, body, and imagination in the healing process. New York: Guilford Publications.
- Miller, A. (1979). The drama of the gifted child. New York: Basic Books.
- Cannon, W. B. (1915). Bodily changes in pain, hunger, fear, and rage. New York: Appleton-Century-Crofts.
- Kirby, Stephanie. “Fight Flight Freeze: How to Recognize It and What to Do …” Edited by Aaron Horn, Betterhelp, https://www.betterhelp.com/advice/trauma/fight-flight-freeze-how-to-recognize-it-and-what-to-do-when-it-happens/?fbclid=IwY2xjawPAiAoBHaLrMpbJM5l-E9-1PJD2Y2-r6Tr3pbZ2dDl6RYP-VKSK953npH3vLcp7uA
Schauer, M., & Elbert, T. (2010). Dissociation following traumatic stress. Journal of Psychology, 218, 109-127.
- What Happens During Fight or Flight Response. (2019, December 09). Retrieved from https://health.clevelandclinic.org/what-happens-to-your-body-during-the-fight-or-flight-response?fbclid=IwAR0hNTgh-H0sPo9VIphjLJfk5MPxD6LjI08I5g9WmcxR6VAN7CLW9t4l1EU

Audrey Ventura / Cynoconsult

LES LIVRES
Le chien, cet animal qui nous échappe ici et
Mon chien, mon coach et moi sont ici : https://cynoconsult.fr/

POUR COMMANDER VOTRE JEU
https://shorturl.at/ic5Hn

🙂 La sortie du troisième livre d'Audrey Ventura est annoncée courant 2026 ! Son sujet sera dévoilé dans les semaines à venir, restez connectés ! 🙂

21/12/2025

Un animal comme cadeau ?

Noël approche.. C'est le moment d'en parler !! (partage largement autorisé !! )

Vous voulez offrir un animal comme cadeau à Noël ?
OUBLIEZ !
Je vais vous donner 5 raisons pour lesquelles c'est une mauvaise idée d'offrir un animal
Première Raison :
Un animal ça se choisi en face à face, de cœur à cœur, que ce soit sa race / son croisement, son tempérament, son physique, ou son attitude, on apprécie de rencontrer l'être qui partagera de nombreuses années à nos côtés. Le risque en choisissant un chien pour quelqu'un c'est qu'il ne lui convienne pas, physiquement ou au niveau du caractère et de ses besoins physiologiques.

Deuxième Raison :
découlant de la première raison, vous vous exposez au risque que ça créé des conflits entre le chien et la personne, ou entre vous et la personne a qui vous avez offert le chien. " Je t'avais dit que je voulais pas de chien/de chat " " C'est pas mon chien/chat "...

Troisième Raison:
En choisissant pour l'autre un animal, sera t -il vraiment désiré ? Peut être pas, peut être parce que la personne n'était pas prête à l'accueillir, pour différentes raisons, dans ce cas, l'animal s'expose à du rejet, qu'il ne comprendra pas et qui peut conduire à des "problèmes de comportement", essayant par ses propres moyens de créer du lien

Quatrième Raison :
Adopter un animal, c'est un acte murement réfléchi, tant dans l'implication émotionnelle, logistique que financière. outre le coût d'adoption, il y a aussi l'entretien courant de l'animal : Nourriture, mais aussi frais vétérinaire prévus ou imprévus, médicaments, traitement puce, tiques, vermifuges, éducateur canin : comportementaliste, ostéopathe, frais de garde lors des vacances... êtes vous sur que la personne a qui vous souhaitez offrir l'animal est prête à assumer cela ? est- elle prête et capable de satisfaire les besoins physiologiques de l'animal ( dépense mentale, physique, éducation, etc..)

Cinquième Raison:
Auriez vous souhaité que votre animal vous soit offert vous ? Je suis sûre que vous avez aimé rendre visite à votre animal lorsqu'il était tout petit encore, et le choisir parmi ses frères et sœurs, sentir votre cœur battre la chamade en découvrant que c'était lui, le voir venir vers vous et vous lécher le visage, ou vous sauter dessus gaiement.. Faire cette mimique si particulière qui vous a décidé... Je suis sure que vous avez aimé flaner sur internet, vous renseigner sur la race de votre futur compagnon, ou bien que vous avez passé des heures sur les pages des différents refuges à la recherche de l'étincelle ! Je suis sure que vous avez été touché par l'histoire de votre compagnon et que c'est ça qui a fait que c'était lui !
Laissez la liberté à vos proches de ressentir tout cela, car c'est ça le début d'une belle histoire, un choix de cœur, un choix de raison, un choix !

Alors, toujours prêt à offrir un animal à vos proches ?
Ok alors trouvons un compromis

Discutez avec la personne concernée et voyez où elle en est de sa réflexion d'avoir un animal, si elle est prête alors : Pour noël ou pour son anniversaire, faites une cagnotte, récoltez les fonds nécessaires à l'achat de ce futur animal, préparez une belle enveloppe, un joli mot, et offrez lui.
Accompagnez la dans ses recherches, dans ses visites, faites les ensemble si elle le souhaite, participez à son choix, envoyez lui des annonces, et voyez vers qui son cœur balance

Quand son choix sera fait, vous serez une marraine la bonne fée, ou un parrain magicien, vous aurez participé à son projet tout en lui laissant la possibilité de vivre le meilleur début d'histoire possible

Et si elle n'était pas prête ?

et bien bravo, parce que grâce à la discussion et à la réflexion, vous avez évité à votre proche d'être malheureux, et à un animal de souffrir !
Attendez la bonne occasion, peut être qu'à un moment elle le sera, ou pas, dans tous les cas vous aurez respecté son choix ! BRAVO !

Merci Anaïs Panisset pour tes bonnes astuces

23/11/2025

Quand l'Homme joue au petit chimiste… ou qu'il joue à Dr Jekyll😡

On voit apparaître des chiens croisés ou réinventés, créés pour séduire l’œil avant de respecter l'animal lui même .
On vous présente le Pomsky, le Brabançon, le Chihuahua minuscule comme des petites merveilles. Et oui… ils sont beaux, ils font fondre.
Mais ....

Quand la sélection génétique met l’apparence tout en haut des priorités , ce sont les chiens qui payent .

Maladies, handicaps, souffrances… tout ça pour satisfaire un désir d’esthétique ou d’originalité. Et bien souvent, sans même que les futurs adoptants en soient informés. On montre le look… mais jamais le rapport de santé.

Le chien “double merle”, par exemple. Une robe d’un blanc presque féerique, des yeux bleus fascinants...
Mais derrière cette image , la réalité est brutale :
85 % de risques de surdité,
une forte probabilité de cécité,
des malformations cardiaques, neurologiques, dermatologiques…

Et tout ça, simplement parce qu’on a accouplé deux chiens porteurs du gène merle. Un accouplement interdit dans certains pays. Mais encore trop répandu, quand ce n’est pas carrément encouragé pour “faire du beau”.
Le pire dans tout ça ? C’est que cette souffrance-là était évitable. Elle n’aurait jamais dû exister.

Les bouledogues qui ne respirent presque plus.
Les miniatures qui cassent au moindre saut.
Le Pomsky, croisé à la mode, qui cumule maladies, instabilité et mal-être.
Les Dalmatiens , gracieux… mais si souvent sourds.
Et les Cavaliers King Charles, qu’on adore… jusqu’à découvrir qu’ils vivent parfois dans une douleur neurologique constante.

Et même les “bonnes vieilles races”…

On croit que les races traditionnelles sont stables, saines, “comme avant”…
Eh bien non.

Prenez le Berger Allemand. Il y a 20 ans, on avait un chien sportif, robuste, bien construit.
Aujourd'hui, on voit des Bergers avec un arrière-train tellement incliné qu’ils n’arrivent plus à se déplacer normalement.
Les hanches souffrent. Le dos tire , tout ça pour répondre à un standard de beauté..🥺

Le Rottweiler lui , a “gonflé” avec les années. On le veut massif, imposant, musclé.
Sauf que derrière ce physique , il y a des articulations qui font mal , un cœur qui fatigue, un chien qui souffre.

On appelle ça les hypertypes.
Des exagérations de caractéristiques qui n’ont qu’un but : impressionner. Mais qui ont une conséquence dramatique , fragiliser.

Les gens craquent parce qu’ils ne savent pas.
Parce qu’on leur vend du “mignon”, du “rare”.
Mais on oublie de raconter la suite :
Les rendez-vous vétérinaires à répétition, les traitements, les opérations.

Les chiens eux , ils paient dans leur chair, dans leur souffle, dans leur capacité à vivre normalement.
Et parfois, ils paient jusqu’au bout... dans l’abandon, le mal-être, ou pire.

Parce que tout ça finit souvent en “on ne s’en sort pas”, “on ne peut plus”, “on ne savait pas”.

🐾 Alors… on fait quoi ?
On change nos priorités.
On choisit des chiens équilibrés, avant de choisir des chiens “originaux”.
On privilégie la santé, le caractère, le bien-être.
On demande les tests.
On refuse les croisements douteux.
On boycotte les pratiques faciles.
On se renseigne, avant de craquer.

La beauté n’est pas un signe de santé.

Ce n’est pas parce qu’une “race” est reconnue qu’elle est éthique.

Les standards peuvent détruire.

Les hypertypes sont des dérives.

Un chien équilibré vaut mieux qu’un chien “parfait”.

Parce que chaque vie compte.
Parce que chaque chien mérite de respirer, courir, vivre… normalement.

Alors si tu croises un chiot trop beau pour être vrai…
Pose-toi des questions.
Pour lui.
Pour toi.
Pour les chiens à venir.

Parce qu’un chien 🐾 c'est une vie

21/11/2025
11/11/2025
02/11/2025

🐕‍🦺Ça y'est la formation d'éducateur canin 🐩est en cours et je bûche l'ACACED 🦮 (Attestation de Connaissance des Animaux de Compagnie et d'Espèces Domestiques) en même temps en plus de mon travail et de ma vie de famille !
Je ne vous cache pas que le rythme est soutenu 🏃‍♀️🤯😴 mais j'ai la motivation et continuellement l'envie d'avancer 💪😊

Ragnar (pincher allemand x levrier italien), que je promène de temps en temps
02/11/2025

Ragnar (pincher allemand x levrier italien), que je promène de temps en temps

04/09/2025

🐾 LE BERGER D’ANATOLIE OU KANGAL, NOUVEAU CHIEN À LA MODE ? 🐾

Le Berger d’Anatolie, ou Kangal, semble de plus en plus présent dans les foyers français. Bien que je sois la première à penser que la plupart des chiens peuvent s’adapter à une vie dans un espace restreint (qu’il s’agisse d’une maison avec jardin ou d’un appartement, le chien n’accordant que peu d’importance à ce genre de détail), je reste cependant plus prudente en ce qui concerne les chiens de protection de troupeaux. Parce que c’est ce qu’est le Kangal : en Turquie, son pays d’origine, il protégeait, et protège encore, les troupeaux ovins contre les prédateurs. Même s’il n’est pas le tueur féroce que l’on peut apercevoir dans certaines vidéos Tiktok -rappelons-le, le chien de protection n’est pas sélectionné pour tuer, mais pour dissuader- le Berger d’Anatolie reste un chien puissant, qui peut atteindre 60 kilos et plus pour le mâle, doté d’un fort instinct de protection et qui ne trouve pas nécessairement sa place en ville.

J’ai eu la chance de travailler en tant que bergère sur plusieurs alpages avec des Kangals, et j’ai trouvé cette collaboration très enrichissante. Je ne connaissais pas bien la race et j’ai appris à en connaître différents représentants dans différents contextes. Et, pas de surprise, je n’imagine que difficilement ce type de chien occuper une simple place de « chien de compagnie ». Pour commencer, ce sont des chiens qui évoluent sur des espaces immenses. Ils ne restent pas toujours collés au troupeau, mais patrouillent sur plusieurs hectares pour signaler leur présence aux éventuels prédateurs et partir en mission de reconnaissance. Ils parcourent plusieurs kilomètres par jour, et étant très athlétiques et moins lourds que certains autres chiens de protection, ils se fatiguent peu. Ils aboient quand quelque chose leur semble suspect, et leur voix de stentor résonne alors dans toute la montagne. Ils n’agressent jamais inutilement, mais ils peuvent se montrer redoutables en cas d’intrusion de prédateur : l’an dernier, un loup a surgi à quelques mètres de moi alors que je surveillais le troupeau. L’un des Kangals, que je n’avais même pas dans mon champ de vision, a bondi sur lui et l’a coursé jusqu’à ce que le loup disparaisse à l’horizon. La fulgurance de son intervention m’a laissée bouche bée. Toutes ces qualités sont bien sûr recherchées quand on a besoin d’un chien pour protéger un troupeau, mais elles ne font que difficilement bon ménage avec une vie en lotissement.

D’autre part, la plupart des Kangals que j’ai connus étaient plutôt indépendants, et pas franchement du genre à venir réclamer des câlins. Les Kangals sont des chiens capables de prendre des initiatives seuls et d’évoluer en autonomie -tant qu’ils ont au moins un autre chien de protection avec eux, car un chien seul cherchera bien souvent la compagnie de ses semblables, même s’il s’agit d’un Berger d’Anatolie- et cela peut facilement devenir un problème quand on est réduit à une vie de chien de compagnie où la prise de décision est réduite à peau de chagrin.

Bien sûr, encore une fois, il y a des exceptions. Peut-être avez-vous un Kangal à la maison et cela se passe à merveille. Mais, si vous aimez la race, n’encouragez pas votre entourage à opter pour un Kangal comme chien de compagnie. Laissez le Berger d’Anatolie à son travail de protecteur et à sa vie de grands espaces et de liberté. Il y a suffisamment de races qui ont pâti du fait de perdre leur mission et d’être brusquement propulsées dans une vie totalement inadaptée à leurs besoins. À moins d’avoir un troupeau à surveiller, ou à défaut une immense propriété à la campagne, le Kangal ne sera que difficilement épanoui dans une maison avec 800m2 de jardin. Et il est si beau de voir la race évoluer dans un milieu qui lui convient, qu’on ne peut qu’être peiné de la voir tourner en rond en ville comme un poisson dans un bocal.

Elsa Weiss / Cynopolis
© Tous droits réservés - 2024

20/08/2025

🐶 Salon du Chiot : avant de craquer, prends le temps de réfléchir.

Ce week-end, le Salon du Chiot fait fondre les cœurs… mais attention à ne pas faire fondre ta raison. Adopter un chiot, ce n’est pas juste un moment d’émotion. C’est un engagement sur des années.

💸 Ça coûte cher : alimentation, soins vétérinaires, accessoires, éducation, garde, imprévus… 🕒 Ça demande du temps : l'éducation c'est du quotidien surtout à l'adolescence, balades journalière, même sous la pluie, même quand il fait froid, même si on est malade. 📅 Ça demande de l’organisation : vacances, sorties, travail… tout tourne autour de lui. 💔 Ça demande des sacrifices : moins de liberté, plus de responsabilités.

Un chiot, c’est une boule d’amour qui va grandir, mais aussi une source de contraintes. Il mérite une famille prête à l’aimer avec la tête en haut, le cœur ouvert et les yeux bien ouverts.

👉 Un chien ne se choisit pas en quelques minutes sur un salon. Il vaut mieux prendre le temps de choisir l’éleveur, de poser des questions, de visiter, de comprendre les conditions d’élevage. Car derrière les chiots trop mignons, il y a parfois des dérives, des souffrances, et des pratiques douteuses. Attention à la giardiose à la sortie de l'élevage !

Un animal, c’est pour la vie. Pas pour un week-end.

🐾 Dérives des éleveurs dans les salons du chiot :

1. Contournement des obligations légales
Depuis 2022, la loi impose un certificat d’engagement signé au moins 7 jours avant l’adoption. 👉 Or, dans les salons, ce délai est souvent antidaté pour permettre une vente immédiate2.

Cela va à l’encontre de l’esprit de la loi, qui vise à éviter les achats impulsifs et les abandons.

2. Conditions de transport et d’exposition
Les chiots sont parfois transportés sur de longues distances, dans des conditions stressantes.

Ils sont exposés dans des cages exiguës, dans des lieux bruyants et surpeuplés, ce qui peut entraîner des troubles comportementaux et des maladies.

3. Manque de transparence sur l’origine des animaux. Certains éleveurs présents dans ces salons sont peu scrupuleux, voire liés à des trafics d’animaux.

Il est difficile pour les visiteurs de vérifier les conditions d’élevage, les tests de santé, ou la socialisation des chiots (attention au syndrome de privation sensorielle).

4. Absence de suivi post-adoption
Une fois le chiot vendu, aucun suivi n’est garanti. 👉 Cela augmente les risques de maltraitance, de revente illégale, ou d’abandon.

5. Pression commerciale
Certains éleveurs proposent des offres promotionnelles douteuses (paiement en plusieurs fois, remises immédiates), transformant l’animal en produit à écouler.

Cela banalise l’adoption et encourage les décisions précipitées.

🛑 Pourquoi c’est grave?

Ces dérives ne sont pas anecdotiques : elles participent à la marchandisation des animaux, à la saturation des refuges, et à une perte de confiance envers les éleveurs sérieux. Des associations comme Argos 42 et PAZ militent pour l’interdiction de ces salons et pour un renforcement des contrôles.

Adresse

Couëron
44220

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