15/06/2026
Hier soir, j’ai failli perdre deux de mes chevaux.
Il est 19h, je roule avec le van sur l’autoroute depuis 2h déjà sous 30 degrés. La route est chargée de monde. Je suis seule avec les chevaux et ma chienne. Nous rentrons de 3 journées riches et intenses de stage dans l’Aude.
Plusieurs coups de klaxon m’interpellent aux alentours de Narbonne. Mais personne ne me fait de signe. Comme je roule à 90km/h, je pense que mon allure embêtent certains conducteurs.
Après le péage de Béziers, une voiture me fait une queue de poisson en klaxonnant. La conductrice fait de grands gestes en me doublant.
Le van n’a pas bougé, les chevaux sont calmes mais l’attitude de la conductrice m’inquiète subitement. Je m’arrête rapidement sur une bande d’arrêt d’urgence avec les warning et descend du pick-up. Les deux pneus du côté droits du van ont explosés. Je roulais sur les jantes.
Je me trouve à 20 min de chez moi mais impossible de repartir dans cet état. J’ai une roue de secours, pas deux...
Je préviens mon mari qui appelle la sécurité de l’autoroute tandis que je téléphone à un ami véhiculé en lui demandant de venir récupérer mes chevaux. Il accepte immédiatement et arrive 30min plus t**d.
Dès que la sécurité de l’autoroute est sur place, une voie de circulation est fermée. Ce qui n’empêche pas les voitures de continuer à rouler à 130km/h sur la voie de gauche.
Les agents ne connaissent pas du tout les chevaux et sont paniqués à l’idée de réaliser un transfert de van sur la bande d’arrêt d’urgence. La semaine dernière, ils ont assisté à une situation similaire sauf que les chevaux paniqués se sont échappés. Ils ont été percutés et ils sont morts.
Je comprends leur crainte mais je n’ai pas d’autre solution. Je les rassure, mes chevaux sont éduqués et nous allons y arriver sans créer d’accident.
Mon ami arrive avec le van et se gare derrière moi. Je descends mes chevaux un par un. Le stress monte car les poids-lourds font trembler les véhicules quant ils nous doublent.
Le van de mon ami ne ressemble pas du tout au mien. Il n’y a pas de pont et les chevaux sont attachés en biais. Il faut faire vite, mes chevaux montrent de la nervosité et je n’ai pas de plan B.
Je monte Chamane en premier. Il hésite à peine et recule d'un mètre avant de monter. Phoenix dans les mains de mon ami s’agite. Je le recupère très vite et le fais monter à son tour. La dépanneuse pour mon van arrive à ce moment-là. Surpris par l’énorme véhicule qui nous frôle, Phoenix recule d’un coup et sort du van. Je lui demande de monter une deuxième fois et il accepte.
Fermeture du van, les chevaux sont en sécurité. Tous le monde respire à nouveau.
Le temps s’est figé. Il ne s’est pourtant passé que 5min maximum pour chaque cheval.
Mon ami ramène mes chevaux à la maison. Je peux souffler. Il ne reste que la dépanneuse à gérer et l’assurance. Tout va bien !
Depuis 15 ans, je me forme dans l’éducation des chevaux. Ce n’est pas mon métier mais j’y consacre beaucoup de temps et d’argent.
Hier soir, ces années d’apprentissage ont démontré leur sens ultime.
La leçon de van est un indispensable et le lien de confiance tissé à travers l’éducation est primordial.
Grâce à ces prérequis, une situation dangeureuse ne devient pas mortelle pour les chevaux.
Mes pneus étaient en état et vérifiés avant chaque transport. Mais le dépanneur m’a appris que sur chaque pneu, il y a une date de péremption. Les miens étaient dépassés. Avec la chaleur du bitume, ils ont explosés. Le van aurait pu se coucher à cause du déséquilibre, blessant mortellement les chevaux. Cette fois-ci, j’avais une bonne étoile.
J’ai une gratitude infinie pour mes chevaux et leur comportement exemplaire.
Je suis pleine de reconnaissance pour mon ami et sa fille qui ont réagit immédiatement pour m’aider.
Je ne peux que vous recommander d’apprendre à vos chevaux à monter dans un van en toutes circonstances et vérifier la date de vos pneus.
Que cette expérience puisse aider d’autres cavaliers.
Dans les pires situations, il y a des ressources et une bonne étoile ✨️