07/09/2026
GÉRER L’INTENSITÉ ÉMOTIONNELLE : ET SI NOUS PARLIONS AUSSI DE NOUS ?
« Il est trop excité. »
« Il ne supporte pas la frustration. »
« Il monte dans les tours pour rien. »
« Il veut toujours tout, tout de suite. »
« Il n’arrive pas à redescendre. »
Ces phrases sont souvent utilisées pour décrire nos chiens.
Mais si nous prenions quelques instants pour observer… nos propres réactions ?
Parce que la gestion émotionnelle du chien nous renvoie parfois à quelque chose de très humain.
L’ÉMOTION N’EST PAS LE PROBLÈME
Une émotion n'est ni bonne ni mauvaise.
Elle est une information.
La peur nous indique un danger.
La colère nous indique qu'une limite a été franchie.
La frustration apparaît lorsqu'un désir ou un besoin ne peut pas être immédiatement satisfait.
L'excitation nous prépare à l'action.
Chez l'humain comme chez le chien, le problème n'est donc pas de ressentir.
Le problème apparaît lorsque l'intensité devient telle que nous ne parvenons plus à réguler notre réponse.
Et c'est là que la frustration prend une place essentielle.
LA FRUSTRATION : UNE ÉMOTION QUE NOUS VOULONS SOUVENT ÉVITER
Nous vivons dans une société où nous pouvons obtenir énormément de choses immédiatement.
Un message ?
Une réponse en quelques secondes.
Une envie ?
Une commande en quelques clics.
Un besoin de stimulation ?
Une vidéo, une série, un jeu, les réseaux sociaux…
Nous sommes de moins en moins confrontés à certains temps d'attente.
Et pourtant…
La frustration fait partie de la vie.
On ne peut pas toujours obtenir ce que l'on veut.
On ne peut pas toujours partir quand on le souhaite.
On ne peut pas toujours avoir une réponse immédiatement.
On ne peut pas toujours gagner.
On ne peut pas toujours contrôler ce qui nous entoure.
La capacité à supporter cette frustration est donc une véritable compétence.
Et comme toutes les compétences…
👉 elle s'apprend.
ET CHEZ LE CHIEN ?
Un chien qui veut atteindre un congénère mais qui en est empêché.
Un chien qui veut courir mais doit attendre.
Un chien qui voit son jouet mais doit patienter.
Un chien qui veut sortir immédiatement alors que son humain met ses chaussures.
Un chien qui réclame une interaction et qui n'obtient pas immédiatement de réponse.
Ce sont toutes des situations dans lesquelles il peut ressentir de la frustration.
Mais attention :
apprendre la frustration ne signifie pas frustrer volontairement son chien en permanence.
Il ne s'agit pas de lui apprendre que ses besoins ne seront jamais satisfaits.
Il s'agit de lui apprendre progressivement :
➡️ à attendre ;
➡️ à différer une récompense ;
➡️ à accepter un « non » ;
➡️ à renoncer temporairement ;
➡️ à changer de stratégie ;
➡️ à revenir au calme après une montée émotionnelle.
L'AUTORÉGULATION NE TOMBE PAS DU CIEL
Un chien ne naît pas avec une parfaite capacité à gérer ses émotions.
Et un enfant non plus.
La régulation émotionnelle se construit progressivement grâce aux expériences, à l'environnement, à l'accompagnement et aux apprentissages.
C'est exactement la même logique chez le chien.
Nous ne pouvons pas simplement dire :
« CALME-TOI ! »
et considérer que le travail est terminé.
Demander à quelqu'un qui est submergé par la colère de « se calmer » n'est pas une stratégie d'apprentissage.
Demander à un chien qui est à 100 % d'excitation de « rester calme » ne l'est pas davantage.
La régulation se travaille avant d'atteindre le point de débordement.
ET SI NOS CHIENS NOUS SERVAIENT AUSSI DE MIROIR ?
C'est probablement l'une des choses les plus intéressantes dans la relation humain-chien.
Nos chiens vivent avec nous.
Ils observent nos réactions, nos rythmes, nos tensions, nos habitudes et nos façons de gérer les situations.
Cela ne signifie évidemment pas qu'un chien « copie » simplement les émotions de son humain.
Mais notre état émotionnel, notre manière d'interagir et notre cohérence dans les situations difficiles participent à l'environnement dans lequel le chien apprend à évoluer.
Alors avant de demander :
« Pourquoi mon chien ne sait-il pas gérer sa frustration ? »
peut-être pouvons-nous parfois nous demander :
« Comment est-ce que moi, je gère la mienne ? »
Est-ce que je supporte facilement l'attente ?
Est-ce que je tolère qu'une situation échappe à mon contrôle ?
Est-ce que je réagis immédiatement lorsque quelque chose me contrarie ?
Est-ce que je sais redescendre après une émotion intense ?
Ce questionnement n'est pas là pour culpabiliser.
Au contraire.
Il permet de comprendre que l'éducation du chien est aussi une occasion de travailler sur nous-mêmes.
ÉDUQUER UN CHIEN, C'EST AUSSI APPRENDRE À L'ACCOMPAGNER
Notre objectif ne devrait pas être de fabriquer un chien qui ne ressent rien.
Nous voulons un chien capable de ressentir…
sans être systématiquement débordé par ce qu'il ressent.
Et pour cela, nous devons lui offrir :
🐾 de la sécurité ;
🐾 des repères ;
🐾 de la prévisibilité ;
🐾 des expériences adaptées à ses capacités ;
🐾 des apprentissages progressifs ;
🐾 et surtout, un humain capable de l'accompagner dans ses émotions.
Parce qu'un chien ne devient pas capable de gérer sa frustration parce qu'on lui impose davantage de frustration.
Il apprend à la gérer parce qu'il vit progressivement des expériences qu'il peut réussir à traverser.
ET C'EST PEUT-ÊTRE LÀ QUE SE TROUVE LA VÉRITABLE ÉDUCATION.
Apprendre au chien à attendre.
Apprendre au chien à renoncer.
Apprendre au chien à revenir au calme.
Mais aussi…
apprendre à l'humain à observer, patienter, ajuster ses attentes et gérer ses propres réactions.
Deux individus.
Deux systèmes émotionnels.
Une relation.
Et un apprentissage commun.
🐕❤️ Chez Volthaly’s, nous ne cherchons pas seulement à modifier le comportement du chien. Nous cherchons à comprendre ce qui se joue dans le binôme humain-chien, parce que la relation est au cœur de l'évolution.
Comprendre l'émotion avant de vouloir contrôler le comportement.
Comprendre la frustration avant de vouloir la supprimer.
Et apprendre ensemble à retrouver le calme.