29/05/2026
La Sélection des Meilleurs Reproducteurs au Cameroun
Dans les plaines verdoyantes de l'Adamaoua, Amadou était éleveur de canards depuis trente ans. Son exploitation, modeste mais respectée, fournissait en volailles toute la région de Ngaoundéré. Mais une sécheresse persistante avait décimé son troupeau, ne lui laissant qu'une cinquantaine de sujets d'origines diverses.
Un jour, un agronome de l'IRAD — l'Institut de Recherche Agricole pour le Développement — vint lui rendre visite. Il s'appelait Dr. Mbarga, spécialiste en zootechnie, et il avait une mission : aider les éleveurs locaux à reconstruire des souches génétiquement solides.
« Amadou, lui dit-il, tout commence par l'œil du sélectionneur. »
Ensemble, ils passèrent chaque canard en r***e. Dr. Mbarga écartait sans hésiter ceux qui présentaient des pattes tordues, un plumage terne ou un port affaissé — signes de faiblesse constitutionnelle inadaptée au climat tropical camerounais. Il retint d'abord les mâles : larges de poitrail, au bec robuste, à l'œil vif, pesant au moins 3,5 kg pour les canards de Barbarie locaux. Ceux qui manifestaient une bonne ardeur reproductrice et dominaient naturellement le groupe sans agressivité excessive.
Pour les femelles, le critère était différent : une bonne productivité en œufs, une morphologie favorable à la couvaison, et surtout une résistance prouvée aux maladies endémiques comme la pasteurellose, fréquente dans les zones humides du pays.
« Ici, on ne peut pas importer indéfiniment des souches européennes qui dépérissent dès la première saison des pluies », expliqua le Dr. Mbarga. « Nos meilleurs reproducteurs sont ceux qui ont survécu et prospéré ici, dans nos conditions à nous. »
Ils retinrent finalement huit mâles et trente-deux femelles — soit un ratio d'un mâle pour quatre femelles, idéal pour optimiser la fertilité sans épuiser les coqs. Ces animaux furent isolés, vermifugés, vaccinés, puis placés dans un enclos propre avec une alimentation enrichie en protéines locales : tourteau de coton, termites séchées, son de maïs.
Trois mois plus t**d, le premier lot d'œufs sélectionnés donna naissance à des canetons vigoureux, au taux de mortalité deux fois plus faible que la moyenne régionale.
Amadou, les yeux brillants, dit simplement au Dr. Mbarga :
« On n'améliore pas un troupeau en une nuit. Mais on peut choisir le bon départ. »
Et c'est précisément cela, la sélection des reproducteurs : non pas chercher la perfection absolue, mais identifier les animaux les mieux adaptés à leur environnement réel, pour construire une génération plus forte.
By RT
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