22/08/2026
𝐐𝐮𝐚𝐧𝐝 𝐆𝐫𝐢𝐛𝐨𝐮𝐢𝐥𝐥𝐞 𝐦𝐞 𝐛𝐨𝐮𝐬𝐜𝐮𝐥𝐞… 𝐩𝐨𝐮𝐫𝐪𝐮𝐨𝐢 𝐞𝐬𝐭-𝐜𝐞 𝐪𝐮𝐞 𝐣𝐞 𝐧𝐞 𝐥𝐮𝐢 𝐦𝐞𝐭𝐬 𝐩𝐚𝐬 𝐮𝐧𝐞 𝐜𝐥𝐚𝐪𝐮𝐞 ?
Depuis quelque temps, Gribouille vient régulièrement me demander des gratouilles pendant que je nettoie les boxes.
Sa demande est légitime… mais, à ce moment-là, 𝘫𝘦 𝘯𝘦 𝘴𝘶𝘪𝘴 𝘵𝘰𝘶𝘵 𝘴𝘪𝘮𝘱𝘭𝘦𝘮𝘦𝘯𝘵 𝘱𝘢𝘴 𝘥𝘪𝘴𝘱𝘰𝘯𝘪𝘣𝘭𝘦. Il lui arrive d’insister, de s’imposer dans mon espace ou de me bousculer.
J’aurais pu utiliser 𝘂𝗻𝗲 𝗽𝘂𝗻𝗶𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗽𝗼𝘀𝗶𝘁𝗶𝘃𝗲 : ajouter quelque chose de désagréable après son comportement ; une claque, un geste brusque, un cri ou une pression ; 𝘥𝘢𝘯𝘴 𝘭𝘦 𝘣𝘶𝘵 𝘲𝘶’𝘪𝘭 𝘤𝘦𝘴𝘴𝘦.
Le problème, c’est qu’𝘂𝗻𝗲 𝗽𝘂𝗻𝗶𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗽𝗵𝘆𝘀𝗶𝗾𝘂𝗲 𝗻𝗲 𝗹𝘂𝗶 𝗮𝗽𝗽𝗿𝗲𝗻𝗱 𝗽𝗮𝘀 𝗳𝗼𝗿𝗰𝗲́𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗰𝗲 𝗾𝘂𝗲 𝗷’𝗮𝘁𝘁𝗲𝗻𝗱𝘀 𝗱𝗲 𝗹𝘂𝗶. Elle peut interrompre son comportement sur le moment, mais elle peut aussi lui apprendre que 𝘮𝘦𝘴 𝘮𝘢𝘪𝘯𝘴 𝘥𝘦𝘷𝘪𝘦𝘯𝘯𝘦𝘯𝘵 𝘪𝘮𝘱𝘳𝘦́𝘷𝘪𝘴𝘪𝘣𝘭𝘦𝘴, 𝘲𝘶𝘦 𝘥𝘦𝘮𝘢𝘯𝘥𝘦𝘳 𝘤𝘰𝘮𝘱𝘰𝘳𝘵𝘦 𝘶𝘯 𝘳𝘪𝘴𝘲𝘶𝘦 𝘰𝘶 𝘲𝘶’𝘪𝘭 𝘥𝘰𝘪𝘵 𝘦́𝘷𝘪𝘵𝘦𝘳 𝘮𝘦𝘴 𝘴𝘪𝘨𝘯𝘢𝘶𝘹… 𝘴𝘢𝘯𝘴 𝘤𝘰𝘮𝘱𝘳𝘦𝘯𝘥𝘳𝘦 𝘲𝘶𝘦𝘭𝘭𝘦 𝘢𝘶𝘵𝘳𝘦 𝘳𝘦́𝘱𝘰𝘯𝘴𝘦 𝘢𝘥𝘰𝘱𝘵𝘦𝘳.
𝙀𝙩 𝙣𝙤𝙣, 𝙂𝙧𝙞𝙗𝙤𝙪𝙞𝙡𝙡𝙚 𝙣’𝙚𝙨𝙩 𝙥𝙖𝙨 𝙚𝙣 𝙩𝙧𝙖𝙞𝙣 𝙙𝙚 « 𝙢𝙚 𝙙𝙤𝙢𝙞𝙣𝙚𝙧 ».
La dominance interespèces n’existe pas comme on l’entend encore trop souvent dans le monde du cheval. Gribouille ne cherche pas à prendre le pouvoir, à devenir mon chef ou à remettre en question une quelconque hiérarchie entre nous. 𝘐𝘭 𝘳𝘦𝘱𝘳𝘰𝘥𝘶𝘪𝘵 𝘴𝘪𝘮𝘱𝘭𝘦𝘮𝘦𝘯𝘵 𝘶𝘯 𝘤𝘰𝘮𝘱𝘰𝘳𝘵𝘦𝘮𝘦𝘯𝘵 𝘲𝘶𝘪 𝘭𝘶𝘪 𝘢 𝘥𝘦́𝘫𝘢̀ 𝘱𝘦𝘳𝘮𝘪𝘴 𝘥’𝘰𝘣𝘵𝘦𝘯𝘪𝘳 𝘲𝘶𝘦𝘭𝘲𝘶𝘦 𝘤𝘩𝘰𝘴𝘦 𝘥’𝘢𝘨𝘳𝘦́𝘢𝘣𝘭𝘦 : 𝘮𝘰𝘯 𝘢𝘵𝘵𝘦𝘯𝘵𝘪𝘰𝘯 𝘦𝘵 𝘥𝘦𝘴 𝘨𝘳𝘢𝘵𝘰𝘶𝘪𝘭𝘭𝘦𝘴.
𝗘𝘁 𝗻𝗼𝗻, 𝗲𝗻 𝗺’𝗲́𝗹𝗼𝗶𝗴𝗻𝗮𝗻𝘁, 𝗷𝗲 𝗻𝗲 𝗹𝘂𝗶 𝗮𝗽𝗽𝗿𝗲𝗻𝗱𝘀 𝗽𝗮𝘀 𝗻𝗼𝗻 𝗽𝗹𝘂𝘀 𝗾𝘂’𝗶𝗹 𝗽𝗲𝘂𝘁 « 𝗺𝗲 𝗳𝗮𝗶𝗿𝗲 𝗯𝗼𝘂𝗴𝗲𝗿 ».
𝘜𝘯 𝘤𝘰𝘮𝘱𝘰𝘳𝘵𝘦𝘮𝘦𝘯𝘵 𝘴𝘦 𝘤𝘰𝘮𝘱𝘳𝘦𝘯𝘥 𝘦𝘯 𝘰𝘣𝘴𝘦𝘳𝘷𝘢𝘯𝘵 𝘴𝘢 𝘧𝘰𝘯𝘤𝘵𝘪𝘰𝘯 𝘦𝘵 𝘴𝘦𝘴 𝘤𝘰𝘯𝘴𝘦́𝘲𝘶𝘦𝘯𝘤𝘦𝘴. Ici, son objectif n’est pas de contrôler mes déplacements : il cherche mon contact. Or, lorsqu’il s’impose, ce contact disparaît. Mon éloignement ne renforce donc pas son comportement puisqu’il lui fait perdre précisément ce qu’il souhaitait obtenir.
J’ai ainsi choisi d’utiliser 𝘂𝗻𝗲 𝗽𝘂𝗻𝗶𝘁𝗶𝗼𝗻 𝗻𝗲́𝗴𝗮𝘁𝗶𝘃𝗲.
Ici, « négative » ne signifie pas mauvaise ou malveillante. En apprentissage, cela signifie simplement que l’𝘰𝘯 𝘳𝘦𝘵𝘪𝘳𝘦 𝘲𝘶𝘦𝘭𝘲𝘶𝘦 𝘤𝘩𝘰𝘴𝘦 𝘲𝘶𝘦 𝘭𝘦 𝘤𝘩𝘦𝘷𝘢𝘭 𝘴𝘰𝘶𝘩𝘢𝘪𝘵𝘦 𝘰𝘣𝘵𝘦𝘯𝘪𝘳 𝘢𝘧𝘪𝘯 𝘥𝘦 𝘥𝘪𝘮𝘪𝘯𝘶𝘦𝘳 𝘶𝘯 𝘤𝘰𝘮𝘱𝘰𝘳𝘵𝘦𝘮𝘦𝘯𝘵
Gribouille cherche ma présence et mes gratouilles. Lorsqu’il s’impose ou me bouscule, je retire calmement cette possibilité : 𝘫𝘦 𝘮’𝘦́𝘭𝘰𝘪𝘨𝘯𝘦 𝘦𝘵 𝘫𝘦 𝘱𝘰𝘶𝘳𝘴𝘶𝘪𝘴 𝘮𝘰𝘯 𝘵𝘳𝘢𝘷𝘢𝘪𝘭 𝘢𝘪𝘭𝘭𝘦𝘶𝘳𝘴. 𝘚𝘢𝘯𝘴 𝘤𝘳𝘪, 𝘴𝘢𝘯𝘴 𝘤𝘭𝘢𝘲𝘶𝘦 𝘦𝘵 𝘴𝘢𝘯𝘴 𝘤𝘰𝘯𝘧𝘭𝘪𝘵.
La conséquence devient claire et prévisible :
- S’imposer ne permet pas d’obtenir les gratouilles.
- Au contraire, cela éloigne la personne qui pouvait les offrir.
Après quelques jours de répétitions cohérentes, son comportement a rapidement évolué. Il tente encore parfois de venir demander, mais lorsqu’il me voit partir, il n’insiste plus. 𝗖𝗲 𝗰𝗼𝗺𝗽𝗼𝗿𝘁𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗻’𝗲́𝘁𝗮𝗻𝘁 𝗽𝗹𝘂𝘀 𝗲𝗳𝗳𝗶𝗰𝗮𝗰𝗲, 𝗶𝗹 𝗽𝗲𝗿𝗱 𝗽𝗿𝗼𝗴𝗿𝗲𝘀𝘀𝗶𝘃𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝘀𝗼𝗻 𝗶𝗻𝘁𝗲́𝗿𝗲̂𝘁.
Mais je ne veux pas seulement lui apprendre ce qui ne fonctionne pas. 𝗝𝗲 𝘃𝗲𝘂𝘅 𝘀𝘂𝗿𝘁𝗼𝘂𝘁 𝗹𝘂𝗶 𝗺𝗼𝗻𝘁𝗿𝗲𝗿 𝗰𝗲 𝗾𝘂’𝗶𝗹 𝗽𝗲𝘂𝘁 𝗳𝗮𝗶𝗿𝗲 𝗮̀ 𝗹𝗮 𝗽𝗹𝗮𝗰𝗲.
Une fois les boxes terminés, je retourne volontairement vers lui et je lui propose notre code connu : « 𝘎𝘳𝘢𝘵𝘵𝘦 ? »
Sa demande n’est donc pas ignorée pour toujours. 𝗘𝗹𝗹𝗲 𝗲𝘀𝘁 𝗲𝗻𝘁𝗲𝗻𝗱𝘂𝗲 𝗲𝘁 𝘀𝗮𝘁𝗶𝘀𝗳𝗮𝗶𝘁𝗲 𝗹𝗼𝗿𝘀𝗾𝘂’𝗲𝗹𝗹𝗲 𝗽𝗲𝘂𝘁 𝗹’𝗲̂𝘁𝗿𝗲, dans un cadre sécurisant, prévisible et respectueux de nos limites à tous les deux.
Évidemment, cette réponse ne repose pas uniquement sur un exercice. Gribouille vit avec des congénères avec lesquels il peut interagir et se gratter, il dispose de foin à volonté, d’espace et de possibilités de mouvement. 𝗝𝗲 𝘃𝗲𝗶𝗹𝗹𝗲 𝗱𝗼𝗻𝗰 𝗮𝘂𝘀𝘀𝗶 𝗮̀ 𝗰𝗲 𝗾𝘂𝗲 𝘀𝗲𝘀 𝗯𝗲𝘀𝗼𝗶𝗻𝘀 𝘀𝗼𝗰𝗶𝗮𝘂𝘅, 𝗮𝗹𝗶𝗺𝗲𝗻𝘁𝗮𝗶𝗿𝗲𝘀 𝗲𝘁 𝗰𝗼𝗺𝗽𝗼𝗿𝘁𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁𝗮𝘂𝘅 𝘀𝗼𝗶𝗲𝗻𝘁 𝘀𝗮𝘁𝗶𝘀𝗳𝗮𝗶𝘁𝘀.
𝗣𝗼𝘀𝗲𝗿 𝘂𝗻𝗲 𝗹𝗶𝗺𝗶𝘁𝗲 𝗻𝗲 𝘀𝗶𝗴𝗻𝗶𝗳𝗶𝗲 𝗽𝗮𝘀 𝗰𝗮𝘀𝘀𝗲𝗿 𝗹𝗮 𝗿𝗲𝗹𝗮𝘁𝗶𝗼𝗻.
L’essentiel est de se demander :
𝘘𝘶’𝘦𝘴𝘵-𝘤𝘦 𝘲𝘶𝘦 𝘮𝘰𝘯 𝘤𝘩𝘦𝘷𝘢𝘭 𝘢𝘱𝘱𝘳𝘦𝘯𝘥 𝘳𝘦́𝘦𝘭𝘭𝘦𝘮𝘦𝘯𝘵 𝘥𝘦 𝘮𝘢 𝘳𝘦́𝘱𝘰𝘯𝘴𝘦 ?
𝘌𝘵 𝘲𝘶𝘦𝘭 𝘤𝘰𝘮𝘱𝘰𝘳𝘵𝘦𝘮𝘦𝘯𝘵 𝘴𝘰𝘶𝘩𝘢𝘪𝘵𝘢𝘣𝘭𝘦 𝘴𝘶𝘪𝘴-𝘫𝘦 𝘦𝘯 𝘵𝘳𝘢𝘪𝘯 𝘥𝘦 𝘭𝘶𝘪 𝘦𝘯𝘴𝘦𝘪𝘨𝘯𝘦𝘳 𝘢̀ 𝘭𝘢 𝘱𝘭𝘢𝘤𝘦 ?
𝗣𝗮𝗿𝗰𝗲 𝗾𝘂’𝗶𝗻𝘁𝗲𝗿𝗿𝗼𝗺𝗽𝗿𝗲 𝘂𝗻 𝗰𝗼𝗺𝗽𝗼𝗿𝘁𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗻’𝗲𝘀𝘁 𝗽𝗮𝘀 𝗹𝗮 𝗺𝗲̂𝗺𝗲 𝗰𝗵𝗼𝘀𝗲 𝗾𝘂’𝗮𝗽𝗽𝗿𝗲𝗻𝗱𝗿𝗲 𝗮𝘂 𝗰𝗵𝗲𝘃𝗮𝗹 𝗰𝗼𝗺𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗺𝗶𝗲𝘂𝘅 𝗳𝗮𝗶𝗿𝗲.