31/07/2026
Intéressant non ?
💭🌾 Est-ce qu’une végétation grillée est plus sucrée. 🌡️🔥
🤔 Hier, nous vous posions cette question, en lien avec les épisodes caniculaires particulièrement virulent des dernières semaines.
Cette idée est très couramment véhiculée par des marques diverses, des nutritionnistes, des vétérinaires, des maréchaux, etc. Et vous l’avez sans doute déjà croisée sur les réseaux ou ailleurs.
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Disclaimer : Attention, les résultats qui vont suivre seront toujours à remettre dans leur contexte. Il n’y a pas d’extrapolation absolue et chaque cas est différent… Oui, sinon notre métier ne servirait à rien 😉
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👉 Pour remettre un peu l’aiguille au milieu de la botte de foin, nous avons prélevé différents échantillons sur une prairie où différents moyens de gestion avaient été mis en place. On y trouvait notamment, des zones surpâturées et des zones préservées.
[ Ces échantillons ont été récolté dans le sud de la Belgique où, malgré ce que vous pensez peut-être, il peut faire chaud et sec ^^ Bien entendu, ce n’est pas le climat Toulousain, néanmoins, nous n’avons pratiquement pas eu d’eau depuis le 15 juin, avec des températures flirtant régulièrement avec les 40°, comme à beaucoup d’endroits malheureusement. Les échantillons ont été prélevés en cours d’après-midi par temps ensoleillé. La hauteur de prélèvement mimait l’action de l’abroutement par un cheval. ]
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🤔💭 Alors, quelles valeurs de sucres pour ces échantillons… ?
👉 Eh bien, nous étions entre 10 et 13,5 %.
Autrement dit, moins que de nombreux foins !
Autrement dit (encore), des niveau en partie compatible avec des chevaux à "problématiques métaboliques"…
⚠️ En vérité, les taux de sucres sont fluctuants et pratiquement impossibles à prévoir avec précision.
Ils vont notamment dépendre de la (bonne) gestion de votre pré et de la composition botanique du couvert, ainsi que de son stade.
Toutefois, avec la canicule et la sécheresse, la photosynthèse ralentit fortement, contrairement aux idées couramment propagées, par manque d’eau notamment.
Certaines études tendent à montrer que la croissance cesse avant la photosynthèse, suscitant un stockage des glucides non consommés. Mais ces données sont à prendre avec un certain recul…
* Les plantes peuvent fermer leur stomate en cas de sécheresse et de canicule, elles stoppent donc leur photosynthèse.
* Les températures qui empêchent l'herbe de pousser peuvent être atteintes la journée mais la plante peut pousser la nuit (si elle n'a pas été surpâturée et que la fertilité est bonne), consommant alors des sucres.
* L’absence d'eau empêche la pousse mais aussi la photosynthèse
* De nombreuses espèces prairiales ont une dormance estivale naturelle, limitant grandement leur activité métabolique et donc leur synthèse de sucre, quelles que soient les conditions...
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🤔💭 Est-ce que ça veut dire qu’on lâche les chevaux en mode « youpie » … ?
👉 Pas forcément.
D’une part, parce qu’on cherche à préserver ses prairies.
D’autre part parce que certains chevaux sensibles (ou rendus sensibles par les conditions extrêmes) pourraient quand-même être dépassés dans leurs capacités digestives. Toutefois, ils le seront potentiellement autant, avec un accès au foin non restreint, selon la valeur de ce dernier.
👉 Du côté du cheval, on veille à une bonne hydratation et à la mise à disposition d’abris afin de réduire le plus possible l’impact négatif de la chaleur (voir nos articles précédents). On surveille l’ingestion en pâturant éventuellement au fil. On évite la privation alimentaire (attention à ceux qui portent un panier h24) et on surveille les constantes : pouls digité et chaleur anormale dans le pied.
👉 Du côté de l’herbe, on peut noter que la gestion mise en place ici :
* A été proposée, de manière à favoriser une haute diversité floristique, sans privilégier les espèces les plus « sucrées » ;
* La gestion de la fertilité a été surveillée de près, permettant aux plantes de pousser correctement, tout en limitant les sources de stress additionnelles.
* Le pâturage est et raisonné et le surpâturage limité. Ceci ayant un impact favorable tant sur la flore que sur le sol permettant une bonne pousse hors condition extrêmes et une consommation des sucres, dès que possible. L’herbe arrive donc avec relativement peu de sucres au moment où l’eau cesse d’être disponible.
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En conclusion :
Gérer une prairie n’est pas une science exacte. Un bon gestionnaire est surtout celui ou celle qui est capable de « gérer un risque », c’est-à-dire de le réduire le plus possible, en comprenant son système (dynamique de pousse, exigences des plantes, besoins des chevaux, etc.).
C’est pour cette raison que notre approche cumule à la fois les aspects végétaux et animaux. En tant que nutritionnistes, nous vous accompagnons dans la mise en place d’une ration adaptée, notamment en période « difficile ». Nous suivons également vos prairies et vous conseillons dans leur gestion au fil des années, afin de garantir une biodiversité saine et productive.
Vous souhaitez discuter de tout ceci avec nous ? N’hésitez pas à nous contacter.
A très bientôt,
D&A