13/08/2026
QUI SUIS-JE ?
Je ne viens pas du monde canin.
Je viens du monde de la sécurité.
Un monde où tu rencontres régulièrement les conflits, les tensions, le stress. Un monde où l'adrénaline finit parfois par ne faire qu'un avec le cortisol. J'y ai appris à observer, à anticiper, à garder mon calme et à gérer des situations compliquées.
Mais ce métier ne m'apportait pas une chose essentielle : la paix intérieure.
Cette paix, je l'ai découverte là où je ne l'attendais pas : auprès des chiens.
Tout a commencé dans un refuge. C'est là que je me suis découvert une véritable passion, mais surtout une facilité particulière avec ces chiens que l'on qualifie de « compliqués ».
Petit à petit, mon expérience s'est développée et j'ai ensuite été appelé pour intervenir dans plusieurs autres refuges, toujours avec cette envie de comprendre et d'aider ces chiens dont les comportements pouvaient mettre les équipes en difficulté.
Les réactifs. Les peureux. Les agressifs. Ceux qui ont mordu. Ceux qui ne font plus confiance. Ceux qui montent en pression en quelques secondes. Ceux dont on finit parfois par ne plus voir le chien, mais uniquement le comportement.
Je n'ai pas appris le chien uniquement dans les livres.
J'ai passé des heures assis à les observer. Sans forcément intervenir. Simplement regarder, essayer de comprendre leurs réactions, leurs déplacements, leurs regards, leurs distances, leurs signaux et leur façon de communiquer.
J'ai lu, posé des questions, échangé et partagé avec des professionnels du milieu. J'ai découvert des races que je ne connaissais pas et des fonctionnements que je ne comprenais pas encore.
Mais j'ai surtout manipulé beaucoup de chiens, avec des profils, des histoires, des comportements et des difficultés très différents. C'est cette diversité et cette expérience de terrain qui m'ont énormément appris.
J'ai réussi certaines choses. J'en ai raté d'autres.
Et mes erreurs ont probablement été parmi mes meilleurs apprentissages. Parce qu'après un échec venaient les questions : Pourquoi ça n'a pas fonctionné ? Qu'est-ce que je n'ai pas vu ? Qu'est-ce que je n'ai pas compris ? Qu'est-ce que je dois changer ?
Alors j'observais à nouveau. Je cherchais. Je lisais. Je questionnais. Je me remettais en question et je recommençais différemment.
Toutes ces heures d'observation et tous ces chiens rencontrés m'ont appris à regarder des détails qui, autrefois, m'auraient probablement échappé.
Aujourd'hui, je peux dire que je sais lire un chien avec facilité. Observer son langage corporel, ses changements d'attitude, ses distances, ses tensions, ses signaux et comprendre ce qu'il essaie de communiquer est devenu une partie essentielle de ma façon de travailler.
Au fil du temps, certaines de mes propres peurs sont devenues mes spécialités. Les mises en contact entre chiens en sont probablement le meilleur exemple. Ce qui pouvait autrefois m'inquiéter est devenu, grâce à l'observation, à l'expérience et aux nombreuses situations rencontrées, l'un des domaines dans lesquels je me sens aujourd'hui particulièrement à l'aise.
Avec le temps, mon expérience m'a également amené à aider des professionnels du monde canin confrontés à certaines situations compliquées.
J'ai également été appelé pour intervenir à la demande du Bien-être animal, ainsi que par la police de certaines communes.
Ces interventions m'ont permis de rencontrer encore d'autres situations, d'autres chiens et d'autres réalités. Elles ont surtout renforcé une conviction : avant de tirer des conclusions sur un chien, il faut prendre le temps de l'observer, de le mettre dans les bonnes conditions et de chercher à comprendre ce qui provoque son comportement.
Ma plus grande formation restera toujours les chiens de refuges.
Ce sont eux qui m'ont appris à regarder plus loin qu'un grognement, une morsure, une réaction ou une étiquette. À chercher ce qui se passe derrière le comportement avant de vouloir simplement le faire disparaître.
Et surtout, ce sont eux qui ont donné un véritable sens à ma vie dans le monde canin.
Puis j'ai commencé à rencontrer de plus en plus de maîtres avec leurs propres chiens.
Et là, j'ai découvert une autre réalité.
Beaucoup de personnes ne manquent ni d'amour ni de bonne volonté. Elles manquent simplement de connaissances pour comprendre réellement leur chien.
Elles cherchent des réponses et finissent par se noyer dans un véritable lac d'informations.
L'un dit blanc, l'autre dit noir. Une méthode affirme qu'il faut absolument faire quelque chose, une autre explique qu'il ne faut surtout jamais le faire. Internet, les réseaux sociaux, les vidéos, les méthodes, les accessoires, les formations, les solutions miracles...
Et au milieu de tout cela, il reste un maître perdu et un chien qu'on ne comprend parfois plus.
Pourtant, le chien est un animal extrêmement intelligent et finalement beaucoup plus simple qu'on ne veut parfois nous le faire croire, à partir du moment où l'on prend le temps d'apprendre comment il fonctionne, comment il communique, ce qu'il ressent et pourquoi il réagit.
Aujourd'hui, il existe malheureusement un énorme business autour du chien, et beaucoup de maîtres en ont fait les frais. Certains ont dépensé beaucoup d'argent, essayé plusieurs méthodes et accumulé les conseils sans jamais avoir réellement appris à lire leur propre chien.
C'est là que j'ai compris que travailler uniquement sur le chien n'avait aucun sens.
Il fallait aussi travailler avec l'humain qui tient la laisse.
Lui apprendre à observer. À comprendre. À anticiper. À reconnaître les émotions de son chien. À construire une relation et un cadre cohérent. Et surtout, lui donner les outils pour qu'il puisse continuer sans avoir besoin de quelqu'un constamment à ses côtés.
Make a Better Dog, c'est avant tout une histoire de chiens de refuges.
C'est auprès d'eux que tout a commencé. Ce sont eux qui m'ont appris, qui m'ont fait évoluer, qui m'ont obligé à me remettre en question et qui m'ont donné envie d'aller toujours plus loin dans la compréhension du chien.
Make a Better Dog est né de cette expérience de terrain et de toutes ces heures passées auprès d'eux.
Et aujourd'hui, j'ai envie d'aller encore plus loin.
Parce que je n'ai jamais oublié ceux qui m'ont le plus appris : les chiens derrière les barreaux.
Ceux qui attendent depuis des mois ou parfois des années. Ceux qui survivent plus qu'ils ne vivent. Ceux dont le comportement s'est dégradé avec le temps. Ceux que l'on considère comme trop compliqués et pour lesquels les solutions deviennent de moins en moins nombreuses.
C'est pour eux qu'aujourd'hui j'ai créé Touche pas à mes bêtes ASBL.
Mon ambition est maintenant de pouvoir ouvrir un centre consacré notamment à ces chiens, pour avoir du temps, un environnement adapté et les moyens de travailler avec eux.
Et malgré les années, les chiens rencontrés et toute l'expérience accumulée, une chose n'a jamais changé :
Je suis toujours ce passionné de cet être sans voix, trop souvent qualifié de dangereux sans que l'on ait réellement pris le temps de se poser avec lui, dans le calme et la sérénité, pour essayer de comprendre qui il est vraiment.
Avant de juger son comportement, va chercher le chien qui se cache derrière ce comportement.